Le Portugal est l’un des pays de l’UE, le plus dangereux pour les retraités étrangers

Le régime portugais des retraités étrangers, permettant un taux d’imposition sur le revenu des personnes physiques (IRS) de 10 %, est l’un des plus nuisibles à la concurrence fiscale dans l’Union européenne (UE), révèle une étude européenne publiée aujourd’hui.

Le Portugal est l’un des pays de l’UE, le plus dangereux pour les retraités étrangers

Le Portugal est l’un des pays de l’UE les plus dangereux pour les retraités étrangers

Cette conclusion émane de l’Observatoire fiscal de l’Union européenne (UE), un organisme indépendant sur la fiscalité de l’UE qui, dans un rapport publié aujourd’hui, indique que « la tendance la plus marquante de la concurrence fiscale européenne est l’augmentation du nombre de régimes d’impôt sur le revenu des personnes physiques visant les personnes étrangères », qui sont passés de cinq en 1995 à 28 aujourd’hui.

Une classification provisoire suggère que les plus nuisibles sont les régimes individuels italiens et grecs à valeur nette élevée, le régime chypriote à haut revenu et les régimes de retraite de Chypre, de la Grèce et du Portugal, indique l’Observatoire européen de la fiscalité.

Plus précisément, selon la structure, ces régimes sont de longue durée et présentent des avantages fiscaux importants et ne s’adressent qu’à des personnes à très hauts revenus ou ne se traduisent pas par une activité économique réelle dans l’État membre.

Au total, ces régimes préférentiels s’appliquent désormais à plus de 200 000 bénéficiaires dans l’UE, estime l’organisme indépendant, qui parle d’un coût fiscal total pour l’Union européenne de 4,5 milliards d’euros par an.

« Cette somme est équivalente au budget du programme Erasmus » compare l’Observatoire fiscal de l’UE dans son rapport.

Dans le cas du Portugal, le régime des résidents non habituels (RNH) a été créé en 2009 et s’applique aux travailleurs à haute valeur ajoutée, mais aussi aux retraités percevant des pensions de l’étranger, y compris les Portugais qui ont travaillé à l’étranger et reviennent au Portugal pour leur retraite.

Modifié en 2012 et puis en 2020, le régime RNH prévoit l’application d’un taux d’IRS de 10 % sur les revenus des pensions étrangères, selon l’amendement le plus récent.

Le statut de résident non habituel donne également aux travailleurs exerçant des professions considérées comme à forte valeur ajoutée la possibilité de bénéficier d’un taux spécial d’IRS de 20%. Chaque résident non habituel peut bénéficier de ce régime fiscal pour une période maximale de 10 ans.

Dans son rapport publié aujourd’hui, l’Observatoire européen de la fiscalité note que « la concurrence fiscale prend de plus en plus la forme de régimes fiscaux préférentiels ou étroitement ciblés, en plus des réductions générales des taux » au niveau de l’UE.

Pour inverser ces tendances, le cadre suggère de réformer le code de conduite européen « pour en faire un instrument contraignant, et d’étendre son mandat à l’impôt sur le revenu des personnes physiques ainsi qu’aux régimes non préférentiels d’imposition des sociétés qui conduisent à des niveaux d’imposition généralement faibles des multinationales ».

En outre, « en l’absence d’une approche coordonnée – ce qui est toujours la solution idéale – les États membres pourraient envisager une imposition unilatérale de leurs expatriés, ce qui, dans certaines conditions, pourrait atténuer les effets des régimes préférentiels d’impôt sur le revenu des personnes physiques », suggère-t-il encore.

Vous l’aurez compris, ce rapport à pour bute selon nous à inciter les pays de l’UE n’offrant pas d’avantages fiscaux pour les actifs ou les retraités à instauré un impôt de sol. Un peu à l’image de ce que font les États-Unis à leur ressortissant, qui pour mémoire paye leur impôt sur le revenu aux États-Unis et ceux-ci, quel que soit leur pays de résidence.